Ouaga 2000
Jour 9
Retour sur Fada avant le départ vers la région du Sahel. Je suis invitée à dormir chez Madame Dialo, la femme du militaire (frontière du Bénin). Elle demeure dans un quartier moderne: Ouaga 2000. Grande maison avec des meubles de bois massif, une télé, mais une toilette des plus rudimentaires. Elle a 3 enfants, une nounou, une cuisinière, un gardien et un neveu qui s’occupe des enfants lorsqu’elle va travailler à son salon de coiffure, sur sa mobilette. On me demande si je veux partager le repas avec eux (i.e. la même assiette), ce que j’accepte. Et si je veux manger avec les doigts ou la fourchette. En regardant la salade, j’opte pour la fourchette …Je mange du To, mais bouilli cette fois-ci et accompagné d’une sauce de gumbo et d’une soupe de poisson…de la carpe que j’ai à peine touché, le To m’ayant rempli et la carpe m’ayant pas attiré.

Un visiteur arrive à la maison, c’est un médecin-biologiste et ami de la nounou avec qui il sortira probablement en boîte en ville. Nous discutons environnement, maladies, système de santé, qualité de l’eau. Il m’apprendra que l’eau n’est pas très bonne pour la consommation, car même l’ambassade des États-Unis a installé l’écriteau suivant sur son terrain: Ne buvez pas l’eau des aqueducs, elle est insalubre. Les maladies les plus répandues ici sont le paludisme, le choléra, parasitoses, typhoïde. Il y a une campagne de salubrité demandant à la population de se laver les mains avec du savon. Pendant ce temps, nous regardons une émission de l’ONU sur RTB (Radio-Télévision du Burkina).
Le garçon le plus vieux (13 ans) se met à me parler et me renseigner sur les fruits du Burkina. Il aurait bien aimé jouer à un jeu comme le mancala avec moi, mais j’ai refusé à contre-coeur car j’attends aussi de la visite, celle de Michou pour pouvoir enfin la rencontrer.
À l’arrivée de Michou, nous allons dans ma chambre pour mieux voir ce que je voulais lui montrer. En voulant faire l’échange d’Euro contre des CFA, je constate que je n’ai plus la pochette contenant mon passeport et mon argent. Michou inquiète, me prêtera 20 000 CFA et cherchera à me trouver un cellulaire pour avoir de mes nouvelles facilement (possible pour 15 000CFA, 30$ CAD), mais sans succès. Elle qui avait pris l’habitude de me rejoindre partout ou presque grâce au cellulaire de Md. C’est fou comme les burkinabé sont surpris par la fait que je ne possède pas de cellulaire. Pour eux, ce n’est pas un luxe mais plutôt une nécessité et un gage d’une plus grande sécurité. Le coût des communications n’est pas très élevé et pour appeler au Canada, c’est le même coût qu’un appel local si fait à partir d’un cellulaire.
Le lendemain, le neveu viendra me reconduire à la gare d’autobus pour Dori (région du Sahel) avec un arrêt à l’endroit où je crois avoir laissé ma pochette, le centre d’appel téléphonique. Mais il brille par son absence. Le neveu est un militant pour Greenpeace, quel beau hasard. Il est a l’Université pour 15 000 CFA/an avec l’impossibilité de travailler en même temps. Ils sont en grève depuis octobre et reprendront en fevrier.
Avec tout juste assez d’argent en poche et une photocopie de mon passeport, je quitte pour le Sahel. Je vais régler le tout à mon retour sur Ouaga. Pas de panique, on le retrouvera peut-être pendant mon absence. On me trouve bien calme pour un si gros problème. S’il savait comme j’ai l’habitude de perdre et retrouver mes biens matériaux. Hein Nadine!
